Preuves scientifiques

Perte d’habitats de forêt mature- impact sur les oiseaux
La fragmentation d’habitats réduit les espèces
La sylviculture intensive de conifères- impacts négatifs sur les espèces
La foresterie intensive – impacts sur les espèces
Pas d’extinctions? Ou un manque de connaissances?

Perte d’habitats de forêt mature- impact sur les oiseaux

  • Plusieurs espèces d’oiseaux ont besoin d’un certain montant d’habitat. Au-dessous de ce niveau, leur fréquence diminue dramatiquement (note : l’habitat est spécifique à l’espèce; un seuil de 25% d’habitat dans un rayon de 1-2 km se traduit à beaucoup plus quand on considère les forêts matures, par exemple). (Betts et al., 2006), (Betts et al., 2007)
  • Les seuils de montant d’habitat peuvent varier géographiquement, mais ils sont constants à travers le temps à un point donné. (Betts et Villard, 2009)
  • La proportion de forêts matures est directement proportionnelle au taux de survie de certaines espèces d’oiseaux chanteurs. (Zitske et al., 2011)

La fragmentation d’habitats réduit les espèces

  • Certaines espèces comme la paruline à gorge orangée sont sensibles non seulement à la perte, mais aussi à la fragmentation de la forêt mature qui reste. Toute stratégie qui ne considère pas la disposition spatiale des fragments d’habitats afin que les grands morceaux soient conservés, accroît la probabilité de réductions de populations (Betts et al., 2006) Au cours des 30 dernières années, les populations d’espèces telles que la paruline à gorge orangée ont été en déclin dans les parties de la province qui ont subi le plus de perte et de fragmentation de forêt mature. (Betts et al., 2006, 2007)
  • La fragmentation de forêt mature résulte en une capacité de mouvement réduite pour les polatouches, ce qui peut réduire la viabilité des populations et affecter des fonctions essentielles des écosystèmes telles que la dispersion de champignons mycorhizes qui aident les arbres à absorber des nutriments. Ultimement, cela peut réduire la croissance des arbres (Smith et al., 2011, 2013)

La sylviculture intensive des conifères- impacts négatifs sur les espèces

  • Les plantations matures de conifères (40-50 ans) abritent moins d’espèces d’oiseaux, surtout de pics et de grimpereaux, que les boisés naturels de conifères. (MacKay et al., 2014)
  • Une plantation de conifères dans un rayon de 2km d’un nid a un effet négatif sur le succès reproductif pour les oiseaux associés avec les forêts matures, probablement dû à une inflation de la population locale d’écureuils roux, un prédateur de nids. (Poulin et Villard, 2011)
  • Quelques espèces d’oiseaux (ex. la paruline à gorge orangée) et certaines espèces de mammifères (ex. le polatouche) sont plus fréquentes dans les forêts matures mixtes; elles sont sensibles à la conversion de ces boisés en plantations de conifères ou à l’élimination de conifères dans une forêt de feuillus.
  • Quelques espèces d’oiseaux (ex. paruline couronnée) sont  hésitent à traverser les plantations d’épinettes; l’immigration à des habitats plus propices peut être entravées’il y a beaucoup de plantations (Villard et Haché, 2012)

Foresterie intensive- impacts sur les espèces

Pas d’extinctions? Ou un manque de connaissances?

 “Aucune extinction d’espèces ne peut être attribuée aux pratiques forestières au N.-B.” (citation de Blake Brundsdon, JD Irving, Telegraph Journal, Mars 2014)

  • La construction du barrage Mactaquac en 1965-68 était en partie nécessaire afin de procurer de l’énergie pour l’industrie de pâte à papier au Nouveau-Brunswick. Il est cru que la construction du barrage a été directement responsable pour l’extinction locale du bourreau des arbres (Celastrus scandens), une plante connue au N.-B. seulement sur les îles riveraines maintenant complètement inondées par le barrage (Hinds, H. 1999. Flora of New Brunswick).
  • La recherche au N.-B. sur la diversité des espèces s’est penchée surtout sur les plantes vasculaires, qui comprennent 4% des invertébrés, qui représentent 2% de toutes les espèces au N.-B. (D. F. McAlpine et I. M. Smith (eds.). 2010. Assessment of Species Diversity in the Atlantic Maritime Ecozone).
  • Le programme “Bioblitz”, une initiative du Musée du N.-B. débutée en 2009, a comme objectif de faire un recensement de la diversité biologique des 10 zones naturelles protégées les plus larges au N.-B. Lors de chaque année du Bioblitz, les chercheurs ont trouvé des espèces nouvelles pour le N.-B., pour le Canada, et des espèces non connues par la science. La plupart de ces découvertes étaient des champignons et des insectes, des groupes qui jouent des rôles essentiels dans le fonctionnement des forêts.
  • À partir de la recherche qui a été faite dans les zones naturelles protégées et dans d’autres parties de la province, nous savons que plusieurs espèces dépendent de forêts matures. Nous savons aussi que ces forêts continuent à être coupées avant que les scientifiques puissent étudier leur biodiversité.
  • Étant donné le taux auquel des nouvelles espèces sont encore documentées au N.-B., et que certaines forêts matures sont réduites à des habitats déjà fragmentés, il semble très probable que la foresterie industrielle mènera à des extinctions d’espèces au N.-B. dans le futur, si cela ne s’est pas déjà produit.
  • Les prétentions qu’il n’y a pas de preuves d’extinctions d’espèces de plantes et d’animaux comme résultat de pratiques forestières du passé et du présent ne tiennent pas en compte ces manques majeurs dans nos connaissances.

Information :

Le Naturaliste du N.-B. – Our Forests-Nos forêts, l’édition spéciale de la publication de Nature NB, contient un nombre d’articles à ce sujet. Accéder la publication ici.

Des articles individuelles de l’édition :